je me rends compte que je n’ai rien publié sur le blog (et en l’ocurrence rien pondu même sur papier) depuis le 19 janvier dernier. tentons de rattraper le temps perdu. depuis, bien des évènements ont chamboulé notre quotidien: notre guerrier de fiston est sorti de l’hôpital (mais il a gardé sa carte de parking), cahuzac a avoué et a quand même retenté, nabila a breveté son neurone, la syrie a fait des choses pas gentilles (encore), johnny est remonté sur scène pour sa dernière tournée (encore), j’ai quitté mon boulot d’apprenti-chauffagiste (pour lequel j’étais assez doué) pour passer à celui d’apprenti-entrepreneur-chômeur-père-au-foyer (pour lequel j’ai dans l’absolu plus de qualités), j’ai tondu (les cheveux et le jardin), j’ai tout rasé (ma barbe et les murs froids du pole emploi), j’ai arrêté de regarder la télévision (encore), j’ai passé des nuits blanches à préparer mon prévisionnel (pour me rendre compte au final que la seule solution pour réussir était de gratter - beaucoup - de tickets de loto), hollande a dégringolé dans les sondages, nadal a gagné roland garros (encore), un jeune est tombé dans la garonne (encore), j’ai construit une cabane de mes propres mains (et me suis bien pris la tête) pour trois francs six sous, la CIA a espionné le monde (encore), il a beaucoup plu et on a bien cru que l’été n’arriverait jamais (toujours pas).
June 2013
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January 2013
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not born yet and challenged already. healthy and smiling baby. smart but not too much. high expectancies for shaking parents. little heart got issues, our big hearts are here for you.
you’ll discover needles and scrubs before mommy’s nipple. I know you’re strong. she knows you’re brave. they all know you’ll cope. you’re our hero.
they say your blood vessels are messed up. I say you aspired to be different. they claim they’re the best. they better be.
il est tout rouge. gonflé comme un poisson-lune, perché sur le dossier de la chaise, il m’observe sans bruit. il est cinq heures trente. il doit avoir la tête enfoncé dans son derrière autant que moi. il se met à chanter à tue-tête. il est le coq de ma campagne qui me sort de la torpeur.
there’s a fish in a bowl. not a fishbowl, just a regular bowl. there’s a kid at the window, gazing at pigeons. there’s an old lady on the bench below, feeding seeds to the birds. there’s no sun today, just dull grey skies. there’s no music either, just sheer silence. there’s no parents, they’re too busy careering away at their desks. there’s not a single smile.
there’s a bowl and a fish, falling along the building wall. there’s a spark in its brain, that fish has never flown before. there’s a child by the window, laughing. the old lady is standing by the bench, screaming. fish flapping in the grass, pigeons bewildered, no idea how to behave. the old lady’s dog gulps the orange shiny thing.
clouds part. kid closes window. turns tv back on. life goes on. one fish down.
December 2012
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les mains se tendent en ce soir de noël, espérant recevoir un peu de cette charité chrétienne. vingt heures trente, la messe est dite, lente et morne. même les rares à chanter ne parvenait pas à égayer cette bien triste assemblée. à reculons mais par respect, j’y ai été, comme beaucoup d’autres, poussé par les élans d’une famille croyante. des jumelles n’auraient pas été de trop, tant l’observation des uns et des autres était passionnante et pleine de surprises.
les enfants trépignant, les parents patients, les vieux mâchouillant, les bébés chialant, l’encens fumant. quelle grande mascarade que ces religions qui disent rassembler les hommes mais depuis la nuit des temps font couler le sang. libre à chacun de choisir son rang, je comprends les raisons et admire les valeurs mais mon âme est libre et ne sera pas entraînée, mon esprit que je crois sage ne sera pas bridé.
j’en veux à ces mythes qui courent sur notre terre et font de tant d’enfants des martyrs d’une vérité illusoire. j’en veux aux détourneurs de mots et traducteurs des livres sacrés qui d’une belle histoire ont fait des croyances monothéistes des chevaux de troie destructeurs et infanticides. pour tous ces gens qui ne font que croire sans vouloir voir, je voudrais qu’on allume un cierge.
les insoumis vous sourient
et font fi de vos mesquineries
November 2012
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ouvrier agricole dans des vergers, vendangeur, plongeur, caissier, magasinier, manutentionnaire, assistant de recherche, soigneur, agent de voyage, steward, plombier-chauffagiste, guide de safari, guide de tyrolienne, colporteur de copies (infâmes) d’aquarelles, préparateur de commandes, employé dans un chenil, ouvrier en imprimerie…
et dire que nos vieux, eux, se calaient dans une boîte et y faisaient des vieux os. c’est moi où notre génération ne sait pas ou ne peut pas se caser?
3 chicken breasts / half a wok of fresh spinach / 3 teaspoons of honey / 3 of tikka masala sauce / 3 chalotts / 3 cloves of garlic / half a cup of soy sauce / half a cup of oil (anything but olive) / 1 lemon juice / 2 spoons of maïzena / half a teaspoon of cayenne pepper / 2 teaspoons of rice vinegar / 20mL of cream / salt and pepper
cut the chicken in cubes and put it that in a salad bowl. mash the garlic and slice the chalotts in 4. add to the chicken. add the soy sauce, lemon juice, oil and rice vinegar. grab the tikka, honey and cayenne pepper, salt and add to the mix. stir, cover with film and refrigerate.
prepare the spinach, put the leaves as they are in the wok. leave the chicken to marinate at least 2 hours. warm up the wok, add the chicken with the contents of the bowl to the spinach and stir. keep the gas (or hot plates) at its maximum. add the cream and maïzena and shut down the gas when the chicken is cooked and the sauce thick enough.
serve with rice (make it basmati or thai).
October 2012
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they’ve been ruling for too long, dividing and murdering, spreading their wings over unspoiled land and crowded cities. annihilating ancient civilizations and entire cultures, they preach their wisdom as the one and only truth, creating breaches within families and countries, brothers and sisters using violence on one another.
a giant walking stick that would need shattering so that every single soul on the planet could finally learn how to walk unattended. sometimes I wish gods were never born.
c’est la mousson c’est officiel
le soleil s’est barré
les piafs ont raccroché
les chauve-souris
au chômage technique
les essuie-glaces
en mode automatique
le tuyau d’arrosage s’ennuie
tout entortillé il gémit
lui qui faisait fleurir les massifs
et rougir les tomates
a autant d’utilité aujourd’hui
que mon vieux parasol.
September 2012
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on a tous des préjugés. on croit que nos voisins belges mangent de la mayonnaise au petit-déjeuner, que les italiens roulent chemise ouverte, poils au vent sur leur vespa draguant tout ce qui a du monde au balcon, que les japonais sont petits ou encore que les portugaises sont tellement poilues qu’elles doivent se raser le visage. et bien qu’on se le dise dans les chaumières ça n’est pas toujours vrai.
les portugais je connaissais et je n’avais pas grand chose à en redire (la bise aux filles N.). mais dans le petit monde du bâtiment, le portugais lambda c’est tout autre chose. il aime la moustache et la bière (portugaise), écouter du fado (forcément portugais) à fond dans sa bmw sur laquelle les drapeaux portugais fleurissent comme autant de fanions de l’om dans la campagne arlésienne. il parle fort dans une langue étrange où les {ch} et les {ou} rythment les phrases, ces dernières parsemées de “carail” tous les trois ou quatre mots. il travaille souvent comme maçon, s’est fait sa maison lui-même en s’endettant (juste assez pour pouvoir quand même se payer les aller-retour au bled tous les ans) un peu auprès d’une banque x (sûrement portugaise). même son permis est portugais.
je n’ai rien contre le portugais et pense même que tous les futurs chefs de chantier devraient prendre des cours de portugais pendant leurs études, un plus non-négligeable pour se faire comprendre quand l’entreprise gérant le gros-oeuvre importe directement sa main d’oeuvre de lisbonne ou porto. avec ta belle bedaine et ton rire communicatif, on t’aime bien, carail, même si on comprend pas grand chose à ce que tu nous raconte!
August 2012
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francis se fait plaisir ce midi. deux parts de gâteau basque. et parce que le monsieur a le coeur sur la main (et un appétit de moineau), il partage avec les collègues. un brave gars, quoi. du coup on avale tous nos gamelles tels des affamés, sans un mot. douze-heure quarante-cinq, café. et le dessert suit, papier plié et odeur alléchante.
il n’avait que l’odeur. le reste tenait plus du réchauffé resservi étouffe-chrétien. à la première bouchée (et c’est tombé sur ma pomme) un petit quelque chose me chatouille le palais. j’extirpe la pâtisserie et en extrait un magnifique cheveu d’un bon quinze centimètres de long. fou rire autour de la table (aménagée sur deux tréteaux et une plaque de placo).
francis explique que ça arrive (mais c’est parce qu’il aime bien la boulangère, au fond). lui se lance et plonge ses vieilles quenottes dans la seconde part. on l’arrête. il se fige. un poil, que dis-je, un anaconda gigote à la limite du gâteau basque (à nouveau). bien attaché, il nous faut y aller à la pince multiple pour l’en sortir (enfin presque). bref, on l’a pas fini, on l’a bien jeté et fait le bonheur des rats.
June 2012
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cet objet suranné qui traîne sur nos étagères sans que l’on sache quoi en faire. ça décore joliment le salon et fait toujours son effet quand on reçoit du monde. on le lit et on le met avec les autres, on lui fait une petite place. qu’ils soit rangés par ordre alphabétique ou par genre, rare sont ceux que l’on dépoussière fréquemment (mis à part l’indécrottable dictionnaire).
au moment de l’achat, on l’hume et on le feuillette, l’odeur du papier neuf et les pages vierges de toute trace de doigts (ou de café pour les plus maladroits). on le lit vite ou on le rajoute à la pile qui traîne sur la table de nuit, on en parle ou on le parcourt en cachette, assis sur la cuvette des toilettes. lire est de nos jours un luxe, beaucoup vous diront qu’ils n’ont pas le temps. question de choix. un peu moins de facebook, un peu moins de télévision et le tour est joué.
il y a ceux qui font voyager, ceux qui font réfléchir, ceux qui font peur et ceux qui font pleurer. il y en a même certains je pense qui lisent pour se révolter, genre se faire mein kampf au petit-déjeuner. je ne sais pas, peut-être que ça les réveille, que ça booste leur bonne conscience dès le café du matin. personnellement, je lis beaucoup mais pas souvent. ça peut paraître étrange en effet mais quand ça me vient j’en dévore trois, quatre facilement en deux semaines puis six mois vont passer sans que j’aille chez mollat refaire mon stock. avis aux amateurs de lecture en tout genre. ne vous sentez pas seul dans ce monde de plus en plus virtuel, le verbe a encore de beaux jours devant lui.
on chauffe le métal en arrondissant le geste du chalumeau sur l’acier. on balaie la matière qui entre en fusion et prend de belles couleurs orange et prune. on baisse l’acétylène et on ne garde que l’oxygène, la flamme devient mortellement vive et transperce le tube. la ferraille en fusion ondule, se détend, à l’aise dans ses atomes. une goutte se forme et se détache, bouillante. elle éclate au contact du sol, encore molle. de la combinaison du métal et du feu naît une alchimie addictive et dangereuse: lunettes de soudure fortement recommandées.
May 2012
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écrire pour écrire c’est un peu comme manger pour manger, de la pure gourmandise. je ne le vois pas autrement: gratter la feuille ou astiquer mon crayon sur mon carnet est avant tout un pur plaisir, un défouloir infini où tous les coups (bas) sont permis. je ne vais pas jusqu’à noter les moindres faits et gestes de mon entourage ou croquer en croquis les querelles des écureuils du voisinage, ma plume se contente des mots - et c’est déjà bien assez. la page blanche est mon bonsaï, mon livre de sudoku, mon point de croix du dimanche. je la torture et la retourne, la pourrit de bêtises et la gâte de friandises de lettres en espérant qu’elle me donne la satisfaction d’un texte pas trop mal tourné. et quand le crayon me fait défaut j’ai souvent un clavier pas trop loin pour épancher mon trop plein d’idées. la feuille de l’arbre ou la feuille à rouler, le vent dans les poubelles ou les klaxons d’un mariage qui passe (et trépassera), un combat de chats aux échos de nourrisson enragé, un accident de caddie au supermarché, tout peut être source d’inspiration mais à la main et au papier d’en faire quelque chose de potable. la source originale du verbe tient avant tout de la course de l’herbe - qui dans un pré ou dans le cul de la tondeuse, qui tourbillonne ou qui trépasse. jamais ne tarit l’amour de la langue pour qui sait saisir les nuances de l’instant et la magie du vocabulaire.
mon père a un héron dans son jardin. peu farouche, l’oiseau paresse, perché sur ses deux tiges et paraît inoffensif de loin. en réalité il est vif et teigneux. il picore les restes et course le chat, fait peur aux pigeons et aux nouveaux-nés et recouvre fréquemment la décapotable des voisins de fientes géantes.
un jour il est mort. on l’a pleuré et on a bien bu. puis on l’a empaillé. mon père l’a installé sur la cheminée et depuis il est la risée du quartier.
j’aimerais tant avoir un piano. en fonte, brûleurs gaz et deux ou trois fours. je vous en ferais des symphonies de légumes, des opéras d’agneau et des bœufs de curry.
loin de me considérer comme un maestro des fourneaux, je serais néanmoins tellement content de pouvoir faire mes gammes sur un tel instrument. la magie de l’objet, la profusion des accords possibles et le côté atypique aussi bien qu’authentique du piano ferait de moi le plus heureux des cuistots.
deux tourterelles se bécotent sur le fil barbelé sous le regard amusé d’une ribambelle d’écoliers posés dans le square tels des étourneaux dans un champ fraîchement labouré.
un facteur désabusé pédale mollement en remontant l’avenue, son vélo jaune flambant neuf peinant sous le poids du courrier de tous ces seniors qui écrivent encore.
un coucou dans sa haute tour d’ébène égrène les minutes en attendant son heure. soirée jeux de société sur fond de freddy mercury. je passe sur les cartes mais me nourris de cette musique qui berça mon enfance et parle aux sens.
doux moments en famille,où le plus maladroit des silences nous rapproche, où le traditionnel café au soleil après déjeuner est une marque de fabrique à laquelle les nouvelles venues prennent part avec plaisir.
je me dis héraut de la plèbe et fuis les tourmentes des scandales, je siège sur un trône de fer et observe de mon oeil vif les ébats et les débats des uns et des autres. je fabrique les lois et apprend à les contourner habilement. je peux semer la panique et répandre la discorde aussi bien qu’étaler mon savoir et prêcher le bonne parole. je m’amuse en démocratie et me régale en dictature. je suis la puissance d’une poignée de grands sur une multitude de petits. je suis la politique et mes rouages sont bien huilés.
c’est enfin le printemps. les giboulées de mars au mois de mai, les chaleurs de juillet au mois du muguet, tout le monde se réjouit du retour du soleil. aux fenêtres du bâtiment en construction, les collègues sifflent les passantes et hurlent des insanités. les jupes sont de sorties, la testostérone bouillonne sous les bleus. on se les gelait sévère en février quand le doublage n’était pas encore posé et maintenant qu’il fait 25°C dehors, on suffoque au moindre coup de marteau-piqueur. sous les arbres les oiseaux chantent et ça cogne. là-haut, sur le toit, on installe la vmc, rouges comme des écrevisses. les minettes défilent en sortant du tram et certains ont bien du mal à se concentrer. bien que mariés, casés et pères de famille, tous ou presque s’en donnent à coeur joie et jouent les roméos inversés: eux sur leur balcon et les damoiselles sur le trottoir - façon de parler.
April 2012
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“je n’aime pas les chiens et ils me le rendent bien.”
ça pourrait sortir de la bouche d’une jeune femme de ma connaissance, traumatisée par un adorable berger allemand qui lui a d’un coup de langue repeint le visage alors qu’elle devait avoir 3-4 ans. depuis, qu’il s’agisse d’un chien de la taille d’un mulot anorexique ou plutôt hippopotame sous amphétamines, elle évite et change de trottoir.
ça ne s’explique pas, c’est comme ma répulsion pour notre actuel président ou le dégoût de nombreuses femmes envers dominique strauss-kahn. je ne citerai pas le nom de la toutouphobe par respect et pour éviter que certains s’amusent à lui faire des blagues à base de bichon frisé ou teckel télé-z.
he loves me but I don’t deserve it. I rub and scrub, use and abuse him every time i’m in the shower. foam and steam, heat and torrential rain and when I leave on holidays leave him to dry. but he doesn’t care and does his job, a good little worker, never asking for a raise or a day off. until the last tiny bubble, cleaning my rugged skin. the life of a soap is a short but rewarding life.
depuis quelques jours ça souffle sec là dehors dans les peupliers. à décorner les boeufs diraient les anciens. devant le pmu les chômeurs tiennent leur demi à deux mains. les conducteurs de smart se dépêchent de rentrer chez eux. j’ai de la carrosserie à faire mais j’ai trop peur que le nouveau capot ne se transforme en voile je remets donc cette activité follement excitante à un autre jour. les platanes rigolent et les cyprès ont la tête bien basse. les tuiles sur les toits font des claquettes et les toutous en laisse du cerf-volant. le papi que j’ai croisé se rendant au tabac aurait bien aimé avoir des ventouses sous son déambulateur. ça vivifie ce vent, même si perché sur ma selle en rentrant du boulot j’ai bien cru que ces satanées bourrasques allaient me faire faire marche arrière. un vent de tempête en ce lendemain de vote, comme pour nous dire qu’un bon coup de balai sur les têtes couronnées ne serait pas de trop.
ce soir sur les postes de télévision on déballe tout. en direct live de sa maison de retraite, la grand-mère de philippe poutou commentera les résultats. nous aurons aussi un cousin de jean sarkozy qui décryptera pour nous la décision des urnes. nous aurons à nos côtés les meilleurs (…) journalistes de la chaîne et d’autres (moins meilleurs) en duplex des fiefs de ces fieffés fêlés impatients. vingt heures tapantes ont-ils dit. on attendra. on entendra les complaintes des perdants, les cris des vainqueurs et les héraults des petits clamer haut et fort qu’eux aussi ont leur place sur la grand’ place des passeurs de bons mots.
demain dans les journaux deux hommes (ou un homme et une femme) auront la tête haute et la denture colgate ravageuse, le poing levé et le drapeau tricolore flottant au vent (de la tempête). et dans quinze jours on y retournera, à l’isoloir, certains tête baissée - comme pour se faire pardonner de ne pas s’y être pointé au premier tour; d’autres le poing levé, eux aussi, s’avanceront vers les bureaux et la fatidique urne dont le mécanisme ancestral (on est quand même au vingt-et-unième siècle) est actionné par un vieux monsieur qui hausse la voix quand il sort à chaque citoyen “a voté!”.
et qui sait le trône changera de mains, le sceptre de la république ira choisir un autre spectre d’une démocratie qui peu à peu change de visage. tout comme cette france bigarrée qui évolue chaque jour et donc nos hommes de parole devraient un peu plus s’inspirer s’ils veulent continuer à faire des émules dans les rangs dispersés de l’électorat français. parce qu’au lieu de s’enticher des parrains, ils feraient mieux de se concentrer sur les parias, peu radins en commentaires même si leur langage n’a rien de celui de ces hommes et ces femmes sortis de l’ena qui croient nous embobiner avec leurs beaux discours tout droit sortis d’un chapeau qui n’est pas le leur.
you wonder with all the space that there is,
and all the folks that we are,
why we can’t find peace anywhere.
you wonder wo or what controls this crazy world.
and you question facts and beliefs
carved in stone centuries ago.
you wonder if the gods are that wise
you understand why they’re so silent:
secluded in the clouds, laughing at us fools.
there is no sorrow in heaven, just plain laughter.
l’afrique meurt du sida, des guerres tribales ou de religion, des convoitations pétrolières. pendant ce temps nous autres nous concentrons sur nos petits tracas. en cette année électorale riche en interventions télévisées toutes aussi soporifiques les unes que les autres, malgré la verve et la violence des propos échangés.
sur un autre continent, des centaines d’hommes et de femmes tombent sous les machettes et fusils d’assaut fournis par les russes ou les chinois. les coups d’état se succèdent et se ressemblent. pujadas en parle trente secondes et revient sur le scandale politico-industriel du moment, une vacherie de plus entre candidats à la présidentielle fait la une des médias.
mesclun
roquette
coriandre fraîche
persil frais
noix
amandes
pignons
jus de citron
miel
huile d’olive
vinaigre balsamique
échalotte
sel
poivre
voilà. adoptée. une salade fraîche pour cet été.
March 2012
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j’ai bien aimé leurs sablés “ronds et bons”. dans mon train qui filait à vive allure vers la capitale, je commençais à avoir la fringale. je choisis sur le menu idzinc un petit quelque chose sucré et qui je l’espérais me tiendrait au corps plus d’une demi-heure. deux euros cinquante la boîte de sablés: je me suis dit “pour une boîte entière c’est pas trop cher pour une fois”.
quand frédéric (c’est notre barista) est passé avec son chariot rempli de merveilles culinaires estampillées sncf, je lui en ai pris une boîte. quelle surprise de constater qu’il s’agissait d’une minuscule boîte contenant six sablés de la taille d’une pièce de deux euros.
alors quand ce bon frédéric m’a tendu mon quatre heures, j’avoue que j’ai esquissé un sourire un rien méchant. mais bon le brave homme doit être habitué, et puis je suis persuadé qu’en formation on leur apprend comme prendre les gens pour des idiots tout en conservant une composition tout ce qu’il y a de plus avenante.

l’avocat de florence cassez est avocat. jusque là logique. c’est donc un requin. pourtant à le regarder de près il ressemble plus à un mérou. comme quoi trop traîner en eaux troubles vous donne un look effrayant.
ça chuchote dans le couloir. les habitants du cinquième se sont calfeutrés dans leur salle de bain, à six avec un paquet de pringles et une bouteille de limonade. sur le palier d’en-dessous le raid carbure au lion et s’endort debout.
le suspect, cerné, mijote quelque chose et la grande question est de savoir quoi. les télévisions se régalent, les toulousains évitent les deux-roues et à montauban on a remisé les treillis.
la cité est en émoi. mon voisin bave devant son écran, il en a oublié de manger et enquille les packs de kro. ça y est on l’a tué. à table.
non pas que je m’intéresse à la vie sexuelle des hommes et femmes en bleu, mais en ce mois de mars le jardin grouille de ces petits insectes rouges et noirs qui émerveillent ma petite chiara.
accouplés pour plusieurs minutes voire plusieurs heures, ils vont deux par deux, l’un avançant, l’autre allant à reculons, comme pris dans une étreinte passionnée.
loin de ces considérations d’adulte, l’enfant de deux ans s’extasie de les voir pulluler ainsi et les compte à sa manière: “un, un, un, un, un, un, un…”.
he’s walking along the water, early in the morning, his feet leading the way dangerously close to the edge of the river bank. he had had quite a few glasses over the top of his head, his mind by now foggy and blurry. his friends had gone back home hours ago, some driving their own car, some had taken a bus or a tram, he told them he would walk. the walls in the streets were getting narrower and narrower, darker and darker as he moved on. there was no moon that night, streetlights fading into the late night - early morning glow. he stumbled onto a broken bottle of beer, fell to his knees and puked. as he was getting back up, he held the railing with one hand and pushed on the floor with the other one, he needed that extra thrust. the floor held strong but the metallic fence along the river walkway gave way. he fell without a sound and the splash of his body into the muddy waters didn’t reach any ears nearby. no one hear, no one saw a thing. he was twenty-four and drank too much too often. his body is feeding the fish, rolling with the tides coming from the ocean.
February 2012
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je m’en suis rendu compte l’autre soir en allant au ciné. c’est fou le nombre de chewing-gums collés devant le multiplex sur le goudron du trottoir. on ne les voit jamais ces mastiqueurs délinquants, jeter leur boule de gomme et partir en courant. j’imagine qu’il y aurait encore plus de mégots que de petits cercles blanchâtres plus ou moins collants si le vent ne venait pas souffler par là. je ne comprends pas vraiment, ce n’est pas interdit de mâcher un freedent en regardant un film, si?
enfin bon, en attendant ma partenaire de séance, j’ai eu tout le loisir et surtout le temps (la ponctualité féminine aidant) d’observer ces myriades de tâches sales par terre. on peut y voir ce que l’on veut, c’est un peu comme les nuages ou les étoiles. il y en avait même cinq qui imitaient sans le savoir (ça va de soi) les anneaux olympiques. d’autres qui formaient un coeur, une flèche ou encore des lettres. qu’est-ce qu’on ne ferait pas quand même pour tuer le temps (je parle de moi qui regardait mes pieds et non pas de tous ces voyous mâchouilleurs qui pensent décorer la voie publique).
- oubliez la sucette, la totoche, la tétine. ça donne un air de ballon de baudruche à votre enfant, cette ventouse en plastique collée sur le visage. ça l’êmpêche de communiquer, il a plus qu’à cligner des yeux, genre stephen hawkins.
- laissez-le pleurer la nuit, ça lui fait les cordes vocales et ça vous évitera de vous lever pour rien toutes les demi-heures. hurler seul dans le noir ça le rend plus fort et ça lui enseigne une valeur fondamentale: dans son lit on est tout seul. sauf si votre rejeton est extrêmement précoce et qu’il a déjà une petite dans son lit à barreaux.
- éteignez la télé quand le bébé est dans la pièce ça abrutit (et pas que les moins de trois ans). chez toys ils font autant de jouets que coluche de bonnes blagues alors ne vous gênez pas trouvez une alternative à dora et autres disneys qui rendent le cerveau mou (déjà qu’à cet âge leur crâne est tout guimauve alors si en plus vous leur bourrez le crâne de débilités on n’est pas sortis de la mouise).
- ne vous arrêtez pas de vivre, continuer de recevoir, d’aller prendre le thé chez mamie, l’apéro chez jacky ou le barbecue chez tonton pierrot. votre petit ne va pas faire une crise de jalousie si vous passez la soirée à danser alors qu’il doit se taper la discute avec sa petite cousine de trois mois (rousse et obèse en prime).
- quand votre bout de chou se cogne sur un caramel mou évitez de l’emmener aux urgences ça vous évitera le ridicule et votre enfant comprendra que c’est pas le drame au moindre bobo. en hurlant au martyr à chaque ecchymose on fait des drama-queens.
- quand une amie, une tatie ou une mamie (rien n’est sacré, personne n’est innocent) offre un jouet bruyant, coloré et cent pour cent pvc made in china dites non. rendez-lui la chose, revendez-le, faites en ce que vous voulez mais ne laissez pas le petit ou la petite vous enfariner la tête avec ces mélodies cent fois ressassées.
- ne prenez pas quand vous vous adressez à lui ou elle cette voix de crécelle genre je parle à un demeuré en abusant d’onomatopées et de petits mots du style agueu agueu ou bobo dodo rototo. son vocabulaire ne risque pas de s’en étoffer et votre classe internationale en prend un sacré coup quand vous vous exprimez comme jacques martin sous lsd.
- choisissez des termes choisis et non des diminutifs et appellations douteuses comme certains le font. évitez les mioche, gamin, morveux, on pourrait croire que vous êtes du nord (ok c’est juste méchant ça) ou du médoc (bon un peu plus réaliste. en tout cas ça ne serait pas une preuve de grâce et de respect.
- laissez-le libre de décider de ses goûts, tant en matière culinaire qu’en matière de jouets ou d’activités. les laisser se brûler la langue avec une pointe de moutarde, une graine de piment ou un bout d’andouillette. les goûts changent tous les trois ans paraît-il; je ne saurais dire si c’est vrai mais re-proposer un aliment à un bébé de multiples fois c’est la seule manière de leur faire manger de tout.
- ne vous sentez pas obligés de suivre ces dix points concoctés par votre serviteur. faites votre sélection et tâchez de les faire grandir à leur allure et non pas selon vos souhaits à vous.
depuis dimanche, la piscine est gelée. sachant que l’eau qui remplit de moitié la fosse se remplit peu à peu de feuilles et de saletés, ça fait une drôle de patinoire. ça tombe plutôt bien, je suis pour la cryogénisation des larves de moustiques.
notre ami le rouge-gorge a sorti sa doudoune. les plumes ébouriffées, son volume est passé de la balle de ping-pong à la balle de tennis. une balle de tennis couleur kiwi, avec un minuscule bec et une étrange tâche rouge sur le poitrail.
par contre il n’a pas du entendre parler de la vente privée damart parce qu’il lui manque les bons vieux collants de laine. planté ainsi frêlement sur ses deux brindilles de pattes, il sautille sans cesse pour réchauffer ses petits mollets de serin.
January 2012
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grelottant debout les mains posées sur la fonte, on se réunit autour d’une tasse de thé ou de café. bien emmitouflés dans nos polaires, on fait face à l’hiver comme on peut. quelqu’un a bourré l’animal d’une dizaine de bûches et ça flambe bien, maintenant.
on ressortira les habits sentant bon le feu de bois, les yeux qui piquent et la paume des mains légèrement brûlée mais réchauffés et revigorés. c’est le résultat qui compte. le conduit du poêle monte vers le plafond et redonne à la maison un peu de sa chaleur. les flammes lèchent la vitre pleine de suie, le vieux pin se consume vite et il faut sans cesse réapprovisionner en combustible.
on ne se bat pas pour aller piocher dans la stère dehors dans le froid. à reculons, je me lance, les mains dans les poches, le nez enfoncé dans mon col de manteau, une lampe de poche coincée entre les dents. dans l’obscurité, j’aperçois une grosse bûche qui me fait de l’oeil. ce sera toi ma jolie, ce soir, tu finiras sur le bûcher. la jeanne d’arc du règne végétal ne répond rien bien sûr et se laisse prendre, corvéable à merci, insensible semble-t-il aux tortures qu’on lui inflige. pyromane dans l’âme, je la regarde partir en lambeaux, langues rouges et oranges virevoltant autour d’elle, la perforant peu à peu. “tu redeviendras poussière” disaient-ils, quand ils brûlaient les infidèles.
il nous a pas lâché de la journée, nous rentrant dans les narines tel une bien vaporeuse ligne de cocaïne. de son enveloppe duveteuse, il a recouvert la ville et agi comme l’aurait fait un caisson hyper-bar: tous étaient comme capitonnés sous le nuage.
tantôt blanc fantôme, tantôt gris débris, ce brouillard de malheur annonce l’hiver. ça grelotte dans les chaumières mais pourtant il gèle à peine. demain il va faire froid qu’ils ont dit les messieurs-dames de la météo. il serait temps on est quand même mi-janvier.
les vieux aux terrasses des pmu disent que février et mars seront rudes, les écologistes disent que les industriels nous pourrissent l’atmosphère, tous ceux qui travaillent au grand air en sont ravis (du redoux). les chiens, en fourrure ou en gilets écossais, s’en contre-balancent.
une idée derrière la tête et un week-end bien vide devant nous, nous décidons de charger la voiture et de partir faire la surprise à mon paternel. par la nationale, on évite les péages et on a passe par les villes et villages de notre belle france. tous ceux en -ac, tous ceux en -çay, tous les autres aussi, peu ou pas connus de la plupart des gens. qui aurait cru par exemple que le département de la gironde remontait aussi haut. les portions à simple voie de la n10 ont le charme des routes de campagne, avec ces ancêtres en nevada qui déboulent à toute berzingue, le pied collé au plancher, 40km/h sur la bretelle d’accès. clignotant bien visible, ils tentent de s’insérer dans la chaîne de camions. tant bien que mal, après avoir mordu sur la fameuse ligne de la bande d’arrêt d’urgence tellement se glisser sur la nationale leur a pris du temps, ils enclenchent la troisième et filent vers leur destination - le village voisin pour sûr.
quatre cent kilomètres plus loin, imaginez un peu la tête de mon géniteur en découvrant la fine équipe devant sa porte à huit heures du soir. du coup, visite improvisée de la vieille ville d’angers, qui s’est avérée être une bourgade bourgeoise et bon enfant à la fois, au patrimoine bien conservé et mis en valeur. le soir de notre arrivée, heureusement ils étaient chez eux et pas de sortie mondaine (ça aurait été d’ailleurs plutôt comique de nous retrouver comme des prunes seuls devant le pavillon, nos bagages à la main, sdf jusqu’à leur retour. histoire de rendre notre apparition aussi théâtrale que possible, nous nous étions cachés de chaque côté devant l’entrée, laissant chiara seule, du haut de ses 87cm, dans l’embrasure de la porte. le résultat fut à la hauteur de nos espérances. notre week-end qui se présageait bien creux et insipide s’est transformé en retrouvailles familiales.
le dimanche après-midi, sur le chemin du retour, titine a conduit toute seule, je mettais le régulateur (virtuel sur notre ax de prêt) et enclenchais l’auto-pilote. n’empêche que, sans gps ni carte routière, juste avec les indications mappy imprimées, on a réussi à ne pas se perdre (trop). ce serait à refaire. avis à la population extra-girondine. le groupuscule de visite-surprise peut frapper à tout moment. et vu la consommation de notre diesel aux chevrons, aucune distance ne nous fait peur.
December 2011
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“y’a pas à dire, paris la nuit c’est beau.” ce soir-là, en effet, la rue du faubourg saint-honoré brillait de mille feux, la mairie n’ayant pas lésiné sur les moyens à l’approche des fêtes de fin d’année. marrons chauds et pères noëls arpentaient les coins de rues et attiraient badauds et bambins tandis que le froid se faisait de plus en plus pénétrant, la nuit avançant à grandes enjambées sur la ville qui ne dort jamais.
jean tenta autre chose. “ça te dirait un bon vin chaud? regarde là-bas, vu la queue il doit être bien corsé celui-là.” sa femme hocha la tête, l’air de dire - pourquoi pas, comme tu veux. il lui prit le bras et tous deux se dirigèrent vers le stand le plus populaire du carrefour. tout le monde avait l’air de se congeler sur place, quasiment personne ne parlait. le vendeur, lui, par contre, n’arrêtait pas de déblatérer tout en remuant sa tambouille qui sentait bon les épices.
jean avait pris son vendredi et fait la surprise à anne le jeudi soir: “chérie demain je t’emmène en week-end à paris!” à quoi elle avait répondu qu’elle connaissait déjà mais que de toutes façons elle avait entendu parler de nouveaux magasins sympas, oh et puis avant noël ils font souvent des rabais sur une bonne partie de leur collection. elle avait donc accepté, un peu à contrecoeur et ils avaient laissé aurore et baptiste à eux-mêmes jusqu’à dimanche. la première, maintenant une véritable jeune femme du haut de ses dix-neuf ans, avait promis de veiller sur leur maison du bouscat; tandis que son frère, de quatre ans son cadet, leur avait bien fait comprendre que samedi il allait peut-être inviter quelques copains. garçons et filles viendraient en scooter ou à vélo du bouscat ou d’eysines, un ou deux éventuellement se feraient déposer par leurs parents depuis bordeaux centre. mais baptiste avait promis à ses parents que tout se passerait bien, zéro alcool, zéro herbe et zéro vomi sur le parquet. bien entendu, son plan infaillible finira par faillir et la confiance de ses parents ne s’en remettra pas avant de longues années.
bref, jean et anne étaient seuls à paris où ce dernier avait réservé une chambre dans un hôtel près des invalides. anne s’était faite belle (enfin elle avait enfilé une robe et mis dans son sac une paire d’escarpins qu’elle ne mettait plus et ce collier de perles horrible que sa belle-mère lui avait offert l’an passé). elle avait appelé aurore en vitesse en descendant du train pour leur dire qu’ils étaient bien arrivés et sa fille avait acquiescé d’un oui, maman, on s’en doutait que votre train n’allait pas être détourné par le front de libération du cantal. jean était étrange depuis quelques mois maintenant et anne se doutait bien de ce qu’il couvait. restait à savoir si c’était en prévision (genre cocotte-minute de testostérone), en cours (elle serait la cocue de l’histoire une fois de plus) ou si ça appartenait au passé (il lui faisait en général des cadeaux incroyables et de petites attentions qui n’avaient selon elle plus lieu d’être après vingt-et-un an de mariage). elle s’en fichait bien de savoir qui c’était, si elle était brune ou blonde, rousse ou chauve, la vingtaine ou plutôt trentenaire nymphomane, si c’était une petite intellectuelle comme cette nathalie, celle qu’anne avait aperçue plusieurs fois il y a quoi, quatre ou cinq ans de ça. la fille passait des heures dans sa voiture à attendre, garée devant chez eux, pour au final ne rien faire et repartir; ou plutôt bimbo décérébrée, comme cette ex d’avant leur mariage, celle-là n’avait pas inventé la poudre c’est le moins qu’on pouvait dire (d’après jean, sa seule culture générale se limitait aux marques de fond de teint et aux jeux télévisés de l’acabit de la roue de la fortune (où elle n’était d’ailleurs pas capable de deviner un seul mot avant que le candidat n’en soit réduit à une ou deux lettres manquantes - bovin teigneux: t a u _ e a u) ou du juste prix). enfin, pas vraiment une lumière et depuis jean avait semble-t-il mis un terme aux cruches.
cette année, pendant l’été, il s’est ramassé une collègue, sandy, sonia, sandra, quelque chose comme ça… catherine? non, ça commence bien par un s (comme salope), ça elle s’en souvient. c’était janine, une autre collègue de jean (mais pas une amie) qui travaille elle aussi chez dlm, qui avait envoyé l’email incriminateur à anne en octobre. d’après elle, son mari avait une aventure avec une femme d’une trentaine d’année du service contentieux, situé à l’étage juste en dessous de celui de jean - une certaine sandra. oui c’est bien ça, sandra. elle la connaît bien janine, elles vont boire des coups ensemble de temps en temps, quand les temps sont durs. jean bien sûr, lui, n’avait jamais su qu’elle savait, et ça resterait sûrement comme ça, comme d’habitude. cette petite escapade parisienne, elle savait très bien ce que ça signifiait: que c’était fini avec sa natasha (sandra?) et que comme à chaque fois qu’il la trompait il essayait à présent de se donner bonne conscience, de raviver la flamme.
leur couple battait de l’aile, ça même les enfants le savaient, aurore surtout, elle avait même abordé sa mère l’an dernier mais anne l’avait rassurée, lui disant que tout allait bien, qu’elle était juste très fatiguée, que ça allait passer. mais les adolescents ont beau être encore un peu des enfants, ils ne sont pas nés de la dernière pluie non plus et entre eux le frère et la soeur s’étaient dit à plusieurs “tu crois pas que si papa et maman divorçaient ce serait mieux?” ou encore “franchement là, elle a pas l’air aux anges, à tirer la gueule h24” disait baptiste alors que sa soeur essayait de comprendre ce qu’avait bien pu faire son père pour rendre sa mère aussi triste. anne bu un peu de son vin chaud et s’écarta de poêle, les marrons sur leur grille et le brasero lui cuisaient le nez même si le froid était bien piquant. jean paya, la rattrapa et alla pour lui reprendre le bras. elle se recula soudain
“je suis venue, estime-toi heureux que je t’ai accompagné jusqu’ici. en plus ton hôtel il est minable. minable comme toi qui te la joue cyrano en croyant que ça va réveiller quelque chose en moi. mais c’est toi qui a un problème, mon grand: apprend donc à contrôler tes hormones et on en reparlera, des miens de soucis. vingt-et-un ans et tu ne m’a pas sorti un je t’aime plus de deux trois fois, si on écarte les fois où tu venais de te faire larguer, ou que toi tu la jetais, ta blonde.”
“anne, arrête.”
“arrête, toi. arrête d’essayer de recréer une quelconque intimité. un sentiment qui m’a quitté il y a bien longtemps. tu veux savoir pourquoi on fait plus l’amour toi et moi? parce qu’à nos deux ans de mariage, à palma, quant tu t’es envoyé la petite suissesse, tu as eu de la chance que j’ai été enceinte d’aurore à ce moment-là, que je n’étais alors pas assez forte pour te quitter sur le champ, prendre mon gros ventre et mes vergetures et me tailler de cette foutue île, rentrer sur bordeaux dans notre appart des chartrons et faire ma valise.”
“dis pas des bêtises comme ça, tu te rends pas compte - c’est le vin chaud qui te monte à la tête ou quoi? anne, arrête, souviens-toi, je n’ai pas toujours été dans le mensonge, je t’aime depuis toutes ces années même si des fois, c’est vrai, je ne te le dis pas assez je le reconnais. et tu me connais assez pour savoir que je ne suis pas un homme à femmes, pas à ce point-là! mariela, à majorque il y a vingt ans c’était une erreur de jeunesse, rien de plus.”
“ah parce que tu te souviens de son prénom en plus? tu l’as pas rajoutée sur facebook quand même?”
“anne, y en a marre, là, je t’offre un week-end romantique et tu trouves le moyen de tout gâcher - encore une fois. viens, continuons à marcher, on va redescendre vers la seine par les petites rues, ça nous changera les idées.”
“mes idées sont claires, bien au contraire, tu peux le finir sans moi ton vin chaud, tu peux même t’étouffer sur un clou de girofle en ce qui me concerne. et ton déni tu peux le garder j’en veux pas (plus). il est passé où l’homme honnête et fou amoureux qui me harcelait au moins autant que don quichotte titillait les moulins quand on était à la fac à pessac? comment tu as pu devenir ce vieux porc dégoûtant qui n’arrive pas à contrôler sa braguette? tu me désoles, jean, et ce n’est pas de la colère que tu vois, là en ce moment, plutôt de la tristesse. pauvre gars, va, tu vas faire comment sans moi? sans les enfants? t’essaieras de te rabibocher avec sandra c’est ça? des fois qu’elle te pardonne et veuille bien te reprendre après s’être faite balancée comme une malpropre, on sait jamais t’as raison, sur un malentendu…”
“anne, ne dis pas ça, ça ne peut pas finir ce soir, pas ici, on ne peut même pas se poser pour en parler, tout est fermé à cette heure.”
“rien à faire. reste debout si tu veux. je rentre. et pas à ton hôtel de passe déguisé en relais & châteaux. je retourne au bouscat dès ce soir, à montparnasse je peux encore avoir un train de fin de soirée, j’appellerai aurore pour qu’elle vienne me chercher. je la connais, de toute façon elle ne sera pas couchée, elle a ses partiels qui commencent lundi, elle va potasser tout le week-end c’est certain. mes escarpins tu peux les encadrer si ça t’amuse, j’en retrouverai d’autres. les perles de ta mère tu peux les bouffer (ou les lui rendre d’ailleurs, elle a jamais pu me blairer et puis qui offre un collier de perles roses d’abord?) et c’est même pas la peine de rentrer avant dimanche de toute façon, je ne veux pas te voir avant d’être chez l’avocat pour signer les papiers.”
“tu vas un peu vite, tu crois pas? on pourrait en parler à tête reposée demain si tu veux. ce soir, même, on se pose là, nos deux culs en colère sur le trottoir et nos gobelets à la main et on balance tout ce qu’on a sur le coeur.”
“j’ai tout donné. tu m’as trompé pendant quasiment vingt ans. j’en ai quarante-deux, encore un peu de charme quoi que tu puisses penser et je compte bien tenter ma chance. il n’est jamais trop tard pour tomber les oeillères. adieu jean.”
anne s’éloigna d’un pas décidé. dès qu’elle eut tourné sur l’avenue matignon, elle héla un taxi et se dirigea vers la gare. elle connaissait plutôt bien la capitale mais ce soir tout lui semblait différent, comme si un architecte avec un fond magicien avait modifié tout le boulot d’haussmann et rendu obsolètes les repères de notre bordelaise perdue dans ses pensées, seule à l’arrière d’un taxi se glissant dans l’obscurité vers le quinzième. jean resta sur place. “mais quel con”, se dit-il. il se mit à pleuvoir. il aurait pu neiger, vu la température, mais c’était comme si même la météo était contre lui. toi, mon gars tu vas te prendre la saucée de ta vie et tu vas pas broncher. il s’assit sur un seuil de porte, trempé, et se prit la tête à deux mains, coudes sur les genoux. il pleurait mais c’était trop tard: le mal était fait.
on était jeudi. jeudi 12 octobre. sandra avait déjà rangé ses affaires dans son sac, il devait donc être dix-sept heures passées. au moment où elle s’apprêtait à partir, son assistante frappa, entra, et déposa la lettre sur son bureau. pas de timbre, ni d’adresse, juste une enveloppe blanche avec son nom et son prénom écrits à main levée. vu l’heure, elle mis le courrier dans son sac à main et se dit qu’elle l’ouvrirait une fois rentrée chez elle. ce qu’elle fit, après avoir dîné (libanais de chez picard).
sandra,
l’évolution de notre relation ces dernières semaines m’a beaucoup fait réfléchir. de strictement professionnels, nos rendez-vous ont glissé vers le privé puis l’intime sans semble-t-il créer de gêne quelconque. mais je suis marié - non pas que je te l’ai caché, j’ai été franc dès le premier jour - et ma vie de famille, mes enfants, comptent plus que tout à mes yeux.
tu es une femme pleine de charme, à la carrière brillante, au tempérament bien trempé (c’est ce qui m’avait plus lors de ton entretien d’embauche - ça je ne te l’avais jamais avoué) et je suis sûr que tu trouveras chaussure à ton pied, assurément quelqu’un à la situation familiale moins compliquée. nos dîners et les soirées qui suivaient resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme des moments très agréables mais, comme le vieil adage le dit: toutes les bonnes choses ont une fin.
j’espère que tu ne m’en voudras pas trop de mettre ainsi fin à notre relation mais je suis intimement convaincu que personnellement aussi bien que professionnellement je prends là une décision qui nous sera bénéfique à tous les deux.
amicalement,
jean.
machinalement, sandra tendit le bras vers la corbeille à côté du canapé et y jeta la lettre. elle se versa un martini blanc en silence. c’était plus de la colère que de la tristesse qui l’envahissait à présent. elle aurait pu en faire des choses avec cette lettre. faire chanter jean, faire pleurer sa femme, faire hurler jeanine, la féministe engagée et enragée sur service compta. elle aurait pu saccager le bureau de jean, taguer sa voiture au rouge à lèvres, lui crever les pneus de sa voiture avec sa pince à épiler. plutôt, elle décida de lui répondre sur le champ.
jean,
d’un collègue de travail tu étais passé à un ami très cher, un amant attentionné et généreux de son temps. te souviens-tu de ce premier dîner, où tu m’avais confié tous les problèmes de ton couple? ce soir-là, je t’avais écouté pendant des heures sans rien dire. à aucun moment je ne t’avais contredit, coupé la parole. j’étais simplement là pour que tu puisses t’épancher de ce trop plein de sentiments refoulés. tu disais alors être en manque de tendresse, d’attention. par la suite, je t’en ai donné de la tendresse, non?
et aujourd’hui tu me jettes, comme une vieille chaussette. d’ailleurs, tu les veux, ces slips kangourous que tu as (sûrement volontairement) laissés chez moi? ta lettre ne m’a pas surprise outre-mesure, ni attristée d’ailleurs. c’est juste que tu aurais pu me dire tout ça en face, comme un homme.
et si dorénavant on se croise dans les couloirs, ne crois pas que j’éviterai ton regard, que je m’arrangerai pour ne pas me retrouver à la photocopieuse en même temps que toi. pour rien au monde, pas même cette histoire que nous avons vécue, je ne changerai quelque chose à mon comportement. je serai là, pareille à moi-même, avec mon tempérament bien trempé comme tu l’écris si bien (à défaut de le dire). alors demain si on se voit, ne joue pas le petit garçon qui ne sait pas où se mettre, petit bonhomme indécis qui ne sait toujours pas s’il veut le sorbet au citron ou la glace à la vanille et marche la tête haute, s’il te plaît. les sucreries tu n’en auras plus et c’est une décision que tu as prise tout seul, comme un grand. tu verras mes yeux levés vers toi, secs, tu ne vaux pas une larme.
au revoir jean, ou plutôt à bientôt au boulot.
sandra.
il l’avait donc quittée. mais ça allait, elle ne souffrait pas (encore) et écrire cette lettre lui avait fait du bien. bien mieux que casser de la vaisselle ou se la jouer bridget jones seule sur son canapé avec sa bouteille de martini.
elle donnerait sa lettre à jean en mains propres le lendemain à la première heure. pourvu que son maquillage tienne, c’est tout ce qu’elle souhaitait.
the chinese community in south east asia is everywhere and always deteriorating what is left of traditionnal urban architecture (and cuisine, and crafts, and hospitality and kindness).
our guest house in phnom penh was not at all what you would call a proper guest house. nine floors of sterile bleached identical rooms, elevator, a cold lobby and a fish tank. more of a hotel than a family-run and friendly-feeling accomodation. but it was cheap and not too badly located, that’s why we chose it.
the chinese have the money and thus the power to buy old cambodian houses, tear them to pieces, bring excavators and chinese labor and build ugly buildings on top of the remains. they are somehow the americans of asia (and africa).
faire de la photographie en noir et blanc c’est un peu comme s’inspirer de rothko en peinture: c’est miser sur la facilité.
on peut aussi appliquer ça à la cuisine: ce serait comme se dire bon cuisinier parce qu’on sait faire des oeufs au plat ou des coquillettes au jambon blanc.
en noir et blanc ou sépia, quasiment n’importe quel cliché, pourvu qu’il soit bien cadré, ressortira bien et aura un côté faussement artiste. mais c’est surtout ôter à la scène toute sa palette de couleurs, réduire à zéro la chaleur du sujet ou du paysage.
alors la prochaine fois que vous faites de la photo, je vous en prie, oubliez le mode monochrome, c’est petit.
you could summarize every saturday night in north america by using one single object.
that night would involve: drunk kids, commercial fake rock music, one night stands, drinking games, absent parents, movies like american pie or scary movie, beer hats, vomit and piss on the floor, drugs and hard liquor, enough beer to fill up an average sized swimming-pool, a bunny costume or a sexy halloween disguise, late arrival of police officers, fake id and very short plad skirts, flat baseball caps and huge baggy pants.
the one representation for this is simplya big red plastic cup. fill it with whatever of the above and you will have more or less a regular american weekend party night.
il est intéressant de constater lorsque l’on voyage le nombre de fautes d’orthographes (volontaires ou accidentelles) présentes sur les panneaux publicitaires, les menus des restaurants et les divers objets du quotidien. quelques exemples avant de tenter de trouver une explication qui tienne la route:
- friend fried (ou french fried): sur un menu sur trois
- fish massage: 1 dollar / houre (oui oui certains payent pour se faire grignoter les pieds par des poissons devant tous les passants)
- welcom (en 30cm par 150 à l’entrée d’une guesthouse)
- mien mien GH à l’entrée et mean mean menu au restaurant de la même guesthouse
- nancy coala (une marque très répandue ici de poubelles plastiques)
- facebok
on pourrait en arriver à croire que les imprimeurs font un rabais s’il y a une coquille dans le texte, ou alors c’est juste qu’ils n’attachent aucune importance à l’exactitude de la langue - dans ce cas, l’anglais. pourtant utilisée par tous les voyageurs et donc clients de ces mêmes commerces, la langue de shakespeare est ici massacrée en beauté. bernard pivot en virerait au mauve rien qu’à se promener dans les rues de bangkok ou phnom penh.
I wish I could go around barefoot on a daily basis. I couldn’t imagine having my feet squeezed into women’s shoes. lucky me I’m a guy so I don’t have that problem. and travelling in warm countries like we’ve been doing for the last couple of months and wearing flip-flops every day is heaven for our feet. toes at ease and free to move, dance and wiggle, get a good tan, soles dry and away from nasty socks.
http://soundcloud.com/thesoundofcosine/toe-jam-the-brighton-port-authority
but trying the same at home in europe would be tricky: dog shit on the sidewalks, broken glass and gum, all this would make walking risky and more of an adventure than a pleasant stroll. so we’ll reluctantly go back to wearing closed shoes, locking up our happy toes into dark leather and hard soles.
français (english translation follows)
prenez un jeu de 52 cartes, distribuez-en 7 à chaque joueur (jusqu’à 5 joueurs sinon on peut rajouter un autre paquet si on a 6 joueurs et plus). le reste des cartes devient la pioche. on retourne la première carte de la pioche afin de commencer à jouer.
valeur des cartes:
As: 1 point
2 à 10: respectivement 2 à 10 points
Valet, Dame, Roi: 11, 12 et 13 points
but du jeu: avoir en main à la fin du jeu le moins de points possible. si l’on se retrouve à un moment avec 10 points ou moins en main, on peut dire “caracol” avant de jouer si on pense avoir moins que les autres joueurs. les autres joueurs ont alors un tour de plus pour se débarrasser de leurs points pour essayer de battre celui qui a annoncé “caracol” ou ne rien faire et n’échanger alors aucune carte car ils pensent avoir en main suffisamment peu. chacun montre alors ses cartes. si le caracol est réussi le vainqueur ne marque aucun point tandis que les autres ont les points qu’ils ont en main (que l’on note sur un bout de papier, une feuille de pq, une nappe de restaurant ou un emballage de yaourt). si la personne perd son caracol (quelqu’un a moins ou autant qu’elle), elle se prend 30 points. quand l’un des participants dépasse 100 il a perdu la partie et se retire du jeu. par contre s’il parvient à atteindre 100 tout rond (soit par calcul soit par chance - mais ça c’est jamais bon sentimentalement), ce joueur revient à 50 points.
sinon, à part ça, comment joue-t-on au caracol me direz-vous?
c’est plutôt simple, à vrai dire. pour se débarrasser de ses cartes et réduire le nombre de points que l’on a en main on peut poser soit:
- une carte seule de son choix,
- une paire, un triple ou un quadruple,
- une suite de 3 cartes minimum (dans la même couleur: coeur par exemple).
les cartes posées n’ont pas forcément de rapport avec la ou les cartes précédemment posées, mais il y a obligation à chaque tour de récupérer une carte (une seule), soit dans la pioche soit parmi les cartes que le joueur qui vient de jouer à déposer sur le tas.
et ainsi de suite jusqu’à avoir le moins possible en main. voilà. bon jeu à ceux qui veulent se lancer et attention aux stratégies parfois douloureuses en fin de partie.

english
you need a full deck of 52 cards. give each 7 (works up to 5 players, you need an extra deck of cards after that number). th eleftover cards will be the pile (stock?).
cards value:
- Ace: 1 point,
- 2 to 10: 2 to 10 points,
- Jack, Queen and King: 11, 12 and 13 points respectively.
the goal of the game is to have the lowest amount of points in your hand when the game ends. that is: if someone has 10 or lower and thinks he beats everyone else (thinks they have more than him), he says caracol, doesn’t play his turn but the other players each have one last chance to play (or not to if they think they already have low enough in their hand). everyone shows their cards. if the caracol is successful the winner doesn’t get any point while everyone gets whatever points they have. if the caracol is lost (someone had lower or equal), the person who said caracol gets 30 points (and the rest of the players their points). note down points on a piece of paper, of toilet paper, a restaurant table cloth, some kraft dinner cardboard wrapping…).
the first player who gets over 100 leaves the game but if he or she manages to hit 100 sharp (smart maths or sheer luck), that person goes back to 50 and remains in the game.
ok, stop bullshitting us, how do you actually play that damn game?
it’s really easy, to be honest. to get rid of cards (and points) you can drop:
- any card by itself,
- a pair, triple or 4 of a kind of the same value,
- a run of 3 cards but they have to be of the same suit (hearts for example).
but every time you drop something, no matter how many cards you dropped you have to pick up one (only one). either from the stock (or pile) or from those that the player right before you put down. so on and so on until someone says “caracol” and wins (or loses) his bet to have the lowest amount of points in his hand.
there you go, good game to all of you, it’s a lot of fun but beware for nasty strategies that can prove dangerous.
dans ces contrées orientales, le papier toilette est une denrée précieuse. vendu à l’unité (un rouleau pas une seule feuille cela va de soi) sous emballage plastique ou par trois feuilles devant les toilettes publiques, son usage paraît assez répandu malgré la quasi inexistence du moindre rouleau à portée de main une fois les fesses posées sur le trône.
une énigmatique douchette, par contre, est toujours présente. alors on pense inévitablement à demolition man et ses trois coquillages, aux toilettes japonaises high-tech qui vous donneraient envie de rester plus longtemps que nécessaire assis sur la cuvette. ici, une simple gâchette déclenche un puissant jet d’eau. l’usager est alors libre de se tremper la figure ou repeindre les murs en tentant de se nettoyer le derrière.
alors dans son bagage le voyageur en asie se doit toujours d’avoir, en plus du couteau suisse et de la corde à linge, un bon vieux rouleau de moltonel triple épaisseur senteur forêt printanière.
[beach dog = bd, city dog = cd]
bd: mister want pineapple?
cd: no thank you. you want tuk-tuk? taxi? massage happy end?
bd: no thank you.
cd: you have kitty?
bd: no have. have fruit salad.
cd: ok, maybe later.
bd: see many hair. want epilation? indian string?
cd: no thank you. have rabbit?
bd: today only rabbies, sorry mister.
cd: no thank you. bye bye now.
bd: you want bracelet, necklace, ring? I have many. I see you don’t have.
cd: I don’t want, me free dog.
bd: no rabbies then? cheap today only!
cd: maybe later.
bd: ok see you later. woof now.